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Elus étudiants

Compte-rendu du Comité de suivi Master (19/04/2006)

Etudiants présents : UNEF (Sophie BINET), PDE

Audition de Gilles Raby sur les formations scientifiques, Président de la conférence des directeurs d'UFR de sciences, directeur de l'UFR de sciences de Poitiers.

Les masters scientifiques posent 3 questions :
- la sélection à l'entrée du master
- La dualité master professionnel/master recherche
- Les dénominations nationales

> Sélection

Poitiers, Limoges, La Rochelle, Le Mans et Tours expérimentent un remplacement de la sélection par une orientation conseillée. L'étudiant a un module de préparation du projet personnel et professionnel pendant les 2 premières années de licence. En 3ème semestre de licence, une discussion est engagée avec l'étudiant sur son orientation :
- Soit il arrête ses études à la fin de la licence, auquel cas on lui propose en 3ème année un module d'initiation à l'insertion professionnelle, et un stage de 4 à 6 mois.
- Soit il continue ses études, auquel cas on s'engage à prendre l'étudiant en Master 2. Si l'étudiant ne respecte pas les conseils d'orientation, il n'a pas de place en Master 2.

> Dualité master pro/master recherche

Les étudiants sont plus attirés par les masters que par les masters recherche. Il y a plusieurs types d'architecture de master :
- En V, type IUP : la spécialisation intervient dès le début du master
- En Y, type DEA, DESS : à l'issue d'une année générique de M1, l'étudiant choisit de s'orienter soit en M2 recherche soit en M2 pro
- En T, la seule différence entre le master pro et le master recherche est le mémoire ou le stage. Les masters recherche comprennent des modules d'accompagnement à l'insertion pro pour le cas où l'étudiant n'aurait pas le souhait de continuer.

> Dénominations nationales

Nous sommes arrivés à 2 propositions de noms de domaines : soit « sciences et technologie », soit « sciences, technologie et santé », en fonction de la configuration des universités.

UNEF : On sent bien aujourd'hui qu'il y a besoin de directives nationales car tout le monde s'accorde à reconnaître au système LMD un problème de cohérence, de lisibilité et de mobilité pour les étudiants.

Sur la sélection :
nous sommes tous d'accord sur le constat : c'est absurde de sélectionner en cours de master, entre le M1 et le M2. Les avis divergent ensuite sur le niveau où doit intervenir la sélection : soit à l'entrée du M1, soit à l'entrée du Doctorat. Nous pensons qu'il ne faut pas avoir une vision malthusienne, et que l'heure est aujourd'hui à l'élévation du niveau de formation et qu'il s'agit ainsi de permettre à l'ensemble des étudiants qui accédaient en M1 (90 000), d'accéder au M2 et d'être diplômés bac+5. Cela nécessite une augmentation substantielle du nombre de masters, notamment professionnels. Nous pensons qu'il faut améliorer l'orientation à l'université, mais sommes un peu sceptiques quant au concept d'orientation dirigé. N'est-ce pas un joli habillage de la sélection à l'entrée du master ? Pour nous, l'étudiant doit être conseillé dans ses choix d'orientation, mais doit au final être libre de les faire. Nous pensons donc qu'il faut supprimer la sélection en master.

Sur la professionnalisation : l'approche développée est intéressante, et nous pensons aussi que c'est l'ensemble des filières qui doivent être professionnalisées, dans une approche progressive de la 1ère année à la thèse. On voit bien qu'il y a un problème au niveau licence, car les licences pro correspondent à des niches d'emplois très spécialisées, et ne peuvent correspondre à la sortie qualifiante au niveau bac+3 pour tous ceux qui voudraient arrêter leurs études.

Sur les dénominations nationales : Il y a urgence à en définir pour garantir la mobilité sur le territoire, la lisibilité et la reconnaissance des diplômes. Nous pensons qu'il faut redéfinir le rôle de chaque niveau de dénomination : - Les domaines : font plus référence à la structure de l'université qu'à la nature du diplôme car beaucoup trop large. A terme, l'organisation administrative de l'université devra s'aligner sur la base des domaines, qui ont contrairement aux UFR l'intérêt d'être pluridisciplinaires. De plus, il est impossible d'harmoniser les noms de domaines car ils varient en fonction du nombre de filières qu'a l'université. - Les mentions : Ce devrait être la lisibilité nationale, et c'est à ce niveau qu'il faut que les dénominations nationales interviennent - Les spécialités : sont réservées au masters et à certains diplômes spécifiques.

Présidente de l'université de Paris 12 : On est rendu à réinventer des choses qui marchaient très bien avant (ex : les IUP que l'on a supprimé) on aurait pu faire le LMD à moindre frais, en surlignant simplement les diplômes.

SGEN-CFDT : Professionnalisation : doit être une discipline comme les autres avec une vision en progrès tout au long du cursus, et pas seulement au semestre précédent la sortie d'études. On ne peut interdire l'accès à un master à un jeune qui ne respecte pas les conseils d'orientation, on peut se tromper et gâcher ainsi de belles réussites. La recherche doit irriguer tous les masters et aussi les masters pro.

SNESUP : du fait de l'absence de consignes de la DES sur les dénominations nationales, il y a une convergence implicite qui se met petit à petit en place sur les mentions.

Michel Laurent (Président du comité de suivi Master) : La diversité du LMD est une richesse mais aussi une faiblesse. L'absence de cadrage a entraîné illisibilité et incohérence. Le niveau pertinent de cadrage est la mention. La formation à l'orientation et à l'insertion pro doivent intervenir dès la première année. La question de la sélection et de l'orientation est très complexe. Le système n'est pas satisfaisant car c'est compliqué que l'étudiant soit interrompu au milieu de son diplôme.

Direction de l'Enseignement Supérieur (DES) : Il n'y aura pas de cadrage des mentions.

Audition de Georges Asseraf au titre du Répertoire National des Certifications Professionnelles

La loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 prévoyait que pour être financée au titre de la formation professionnelle, une formation devait être inscrite au Répertoire National des Certifications Professionnelles. Une commission avec les partenaires sociaux et le CERQ a été mise en place pour élaborer le RNCP.

Plusieurs types de formations :
- Formations inscrites de droit au RNCP : formations professionnelles, dont l'ensembles des formations universitaires (même les licences générales, masters recherche et thèses), qui, de part la loi de 1984 ont toutes une vocation professionnalisante.
- Formations inscrites sur demande, venant de ministères non certificateurs (défense...), des CCI ou des grandes écoles. Elles sont examinées pendant plusieurs mois par des commissions spécialisées et validées au final par la commission plénière. Jusque là, nous avons rentré plus de 3000 certifications : 1200 licences pro, 1500 formations hors universités... L'inscription au RNCP permet la lisibilité, car il traduit le diplôme en terme de compétences acquises. Le RNCP nous est envié, car dans un certain nombre de pays comme la Chine se développe un marché de faux diplômes.

La fiche répertoire inclue :
- La dénomination du diplôme
- Le référentiel emploi
- Les compétences acquises

Pour les inscriptions au RNCP des diplômes universitaires, cela va se faire en même temps que les habilitations. Désormais, en même temps qu'elles remplissent le dossier d'habilitation, les universités remplissent la fiche RNCP, qui est validée par la DES et inscrite automatiquement au répertoire. Le LMD pose un problème pour le RNCP, car dès lors qu'il n'y a pas de dénomination commune, il y a une fiche par diplôme de chaque université, même dans les secteurs relativement uniformes et tubulaires comme droit, staps...Ceci va entraîner un nombre exponentiel de fiches et rendre plus difficile la lisibilité.
Le RNCP permet de classer les diplômes par niveaux, et est ensuite un support pour la reconnaissance de la qualification dans les conventions collectives.

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