Elus étudiants
LMD : le rôle des élus étudiants dans les Conseils (décembre 2005)
> Le renouvellement des contrats quadriennaux : une échéance à ne pas manquer
Les établissements de la vague A (Bordeaux, Pau, Toulouse, Montpellier, Perpignan, Grenoble, Chambéry, Lyon, St Etienne et Dijon) s'engagent actuellement dans le renouvellement de leur contrat quadriennal (2007/2010). Ils seront donc les premiers à pouvoir dresser le bilan d'une offre de formation restructurée selon le schéma LMD.
- C'est donc une échéance importante pour les élus étudiants qui doivent peser sur l'élaboration du bilan-évaluation et être réellement associés à l'élaboration du projet d'établissement (voir LDE n°113).
- Au cours de 2006, l'université devra envoyer au Ministère les dossiers de demandes d'habilitations des licences et des masters (uniquement les demandes de création de nouveaux diplômes ou les demandes de modifications substantielles des diplômes déjà habilités lors de la précédente campagne). Ce sera une étape décisive pour l'intervention des élus étudiants afin de remédier aux nombreux problèmes identifiés lors de l'application de la réforme LMD. 2)
> Le rôle des élus étudiants
Les élus étudiants doivent pleinement s'investir dans les discussions en conseils d'UFR, CEVU et CA concernant les diplômes soumis à habilitation. Afin de combattre les reculs contenus ou permis dans les textes règlementaires de la réforme LMD (textes d'avril 2002 : arrêté « Licence » et arrêté « Master ». cf la rubrique "Les Grands dossiers/LMD"), la plus grande vigilance est notamment nécessaire sur les points suivants :
Obtenir des garanties sur les modalités de contrôle des connaissances :
- Si la compensation semestrielle est garantie en Licence, il faut réclamer une compensation annuelle en plus - que rien n'interdit - afin de prendre en compte la progression de l'étudiant sur l'année, notamment en 1ère année. Il faut également être vigilant sur la compensation en master, puisque l'arrêté master est totalement silencieux à ce sujet. Il faut donc obtenir que la compensation entre UE dans le semestre y soit maintenue : puisqu'il y a une sélection à l'entrée en M2, il est indispensable que l'étudiant ait validé l'entièreté de son M1.
- Par ailleurs, certaines universités, profitant des lacunes des textes de 2002, mettent en place des notes éliminatoires contre lesquelles il est important de se battre. En effet, exiger un niveau minimum dans toutes les matières remet en cause le principe même de la compensation qui permet d'évaluer un niveau global. De plus, les coefficients sont déjà là pour assurer un niveau minimum dans les UE fondamentales. Si des notes éliminatoires sont néanmoins instaurées, il faut que leur niveau soit fixé par le CA et non par les UFR, et évidemment qu'elles soient les plus basses possible (5/20 maximum).
- La seconde session est maintenue dans les textes d'avril 2002 ainsi que le délai de 2 mois après la première session. Mais rien n'est indiqué concernant la date. La question du délai est cruciale et conduit à écarter la 2ème session immédiatement après les partiels de janvier et de juin. Pour que la 2ème session constitue une réelle seconde chance, il faut que soient mis en place des dispositifs pédagogiques adaptés (semaine de consultation des copies, publication de corrigés, tutorat...). En l'absence de ces éléments, il faut se battre pour le maintien de la 2ème session en septembre car c'est notamment pour les étudiants salariés pendant l'année le moyen de combler leurs lacunes. Si la 2ème session des deux semestres est placée en juin, un délai minimum est à tout le moins nécessaire. La 2ème session n'est pas prévue dans l'arrêté master, ce qui constitue un recul car elle était prévue jusqu'à présent en maîtrise. Il faut donc se battre pour qu'elle soit maintenue.
- Le droit à la consultation des copies, prévu dans l'arrêté d'avril 1997, est maintenu. Il faut donc veiller à ce qu'il soit bien garanti, voire mis en place dans les universités où il ne l'était toujours pas. L'anonymat des copies ne figure pas dans les textes de 2002, alors qu'il était garanti dans l'arrêté de 1997 : il faut donc se battre pour le sauvegarder.
Empêcher la sélection à l'entrée du Master
Pour empêcher toute forme de sélection en M1, qui constituerait un recul considérable des acquis étudiants, il faut s'appuyer sur l'arrêté master qui prévoit l'accès de droit du titulaire de licence en M1. L'arrêté master n'est pas très bien rédigé car il parle d'accès de droit pour les titulaires d'une licence du « même domaine » (l'intitulé d'un diplôme se compose d'un nom de domaine, d'un nom de mention et d'un nom de spécialité) que le master souhaité et à un autre endroit de « domaine compatible ». Il faut évidemment privilégier la deuxième expression qui est plus large. Surtout, il faut que soit fixée au sein de toute l'Université une liste des accès de plein droit, notamment pour les licenciés d'un domaine qui n'existe plus en master (AES par exemple).
Refuser toute sélection sur le niveau de langues et améliorer l'enseignement des langues
Une disposition de l'arrêté master conditionne la délivrance du diplôme à « la validation de l'aptitude à maîtriser une langue étrangère ». Cette disposition est problématique car elle risque d'introduire une sélection sur le critère du niveau de langues.
- Les élus doivent obtenir que se traduise dans la réalité l'obligation d'enseignements de langues dans toutes les formations (licence comme master), ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.
- Plusieurs universités, en l'absence de mise en place réelle du CLES (Certificat de compétences en Langues de l'Enseignement Supérieur), exigent un niveau au TOEFL ou au TOEIC, tests privés payants de faible qualité pédagogique. C'est évidemment scandaleux. Il faut donc se battre pour que le fait d'avoir suivi un enseignement de langue de qualité suffise à valider son diplôme.
- Par contre, aucune disposition similaire n'existe pour la maîtrise de l'informatique. Si des universités lui conditionnent l'obtention du diplôme, c'est illégal. L'arrêté licence prévoit juste des enseignements d'informatique pour tous les étudiants (il faut d'ailleurs veiller à leur mise en place effective).
D'autres sujets sont évidemment important : améliorer le suivi pédagogique des étudiants, permettre la participation effective des étudiants à l'évaluation des enseignements, obtenir des garanties sur le supplément au diplôme, garantir l'absence de limitation du nombre d'inscriptions, limiter la proportion des cours magistraux et augmenter le nombre de cours en TD, privilégier le contrôle continu afin d'éviter au maximum l'examen-couperet ... Ce travail essentiel dans les conseils sera ensuite relayé par les élus « UNEF et associations étudiantes » lors du passage en CNESER des diplômes soumis à habilitation.
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