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Elus étudiants

La mobilité internationale, comment ça marche ? (mars 2006)

Augmenter la mobilité étudiante était l'objectif premier de la réforme LMD. Cependant, le nombre d'étudiants à bénéficier des dispositifs de mobilité et à partir étudier à l'étranger est extrêmement faible (1% en moyenne). Les élus étudiants ont un rôle fondamental à jouer pour pousser les universités à mettre en place une véritable politique internationale.

> Quels sont les dispositifs pour partir étudier à l'étranger ?

Lorsque que l'on veut partir à l'étranger et faire valider son année d'études, il faut partir dans le cadre de conventions passées entre les universités. Chaque université entretient plusieurs centaines de conventions avec des universités du monde entier, qui se déclinent ensuite filière par filière. Ainsi, dans chaque maquette de diplôme est intégrée la possibilité de partir à l'étranger une année donnée avec un nombre limité d'universités. Lors du vote de ces conventions dans les conseils, il faut s'assurer que les conditions d'accueil des étudiants se fassent correctement : aide à trouver un logement (tous les pays n'ont pas forcément des cité universitaires), accueil spécifique à la rentrée des étudiants en échange... Les frais d'inscriptions sont ceux de l'établissement d'origine ; un étudiant en échange ne doit donc pas payer de supplément.

> Quelles sont les bourses qui existent ?

- Les bourses ERASMUS : Lorsque l'on part dans un pays européen (les 25 pays membres et Islande, Lichtenstein, Norvège, Bulgarie, Roumanie, Turquie), on bénéficie d'une bourse Erasmus de 75€ par mois de mobilité. Erasmus est partie intégrante du programme de l'Union Européenne Socrates II (qui court du 1er janvier 200 au 31 décembre 2006). Ce programme est doté de 1850 millions d'euros pour sept ans. Il s'agit du seul véritable système mis en place au niveau européen prévu pour faciliter la mobilité étudiante.
- Les bourses à la mobilité du ministère de l'éducation nationale. Au nombre de 12 000 bourses de 6 mois au niveau national, ces bourses sont attribuées aux étudiants boursiers et s'élèvent à 389€ par mois. Les étudiants qui perçoivent des prêts d'honneur de l'éducation nationale ou qui effectuent à l'étranger un stage rémunéré en entreprise ne peuvent bénéficier d'une bourse de mobilité. Depuis l'année universitaire 2002-2003, elles sont progressivement intégrées dans les contrats quadriennaux. Leur attribution reste du ressort de l'université d'origine de l'étudiant, dans une commission où les élus étudiants doivent exiger d'être invités.
- Les bourses des collectivités territoriales Ces bourses (montant, condition d'obtention) varient d'une collectivité à une autre. Le site du ministère de l'éducation nationale les recense toutes : http://www.diplomatie.gouv.fr/education/universitaire/boursiers/index.html. En général il s'agit de bourses fléchées vers les pays ou les villes avec lesquelles les collectivités entretiennent des relations (jumelage...).
- Les bourses des universités Certaines universités font le choix de mettre en place sur leur budget propre des bourses pour abonder les bourses existantes. C'est alors aux élus étudiants de peser pour que les critères favorisent les étudiants les moins touchés par les bourses existantes et qui ont besoin du plus de moyens financiers.

D'une façon générale, nous pensons que les bourses à la mobilité devraient être considérablement augmentées et mises en cohérence, et être toutes gérées par les CROUS, de façon à être distribuées de façon cohérente en fonction des critères sociaux et en association avec les élus étudiants.

> Quel est le rôle des élus étudiants ?

Trop souvent, la politique internationale est peu lisible aux yeux des étudiants, et ne fait pas l'objet de débats en conseils. Nous pouvons exiger qu'un débat ait lieu, au minimum une fois par an en CEVU, de bilan de la politique internationale, avec des données chiffrées (nombre d'étudiants et d'enseignants partis en mobilité, nombre d'enseignants, d'accords de coopération...). La première lacune constatée par les étudiants est un manque d'information sur les procédures de mobilité ; aussi nous pouvons proposer l'édition d'un guide de la mobilité étudiante avec l'ensemble des procédures. Il est également essentiel que les étudiants soient accompagnés dans leur préparation de mobilité, et que des référents mobilité soient désignés au niveau de chaque UFR, avec des permanences d'accueil pour aider les étudiants à accomplir leurs procédures. Des actions d'information doivent être organisées chaque année dans chaque filière sur les modalités de départ à l'étranger, en intégrant par exemple des témoignages d'anciens étudiants Erasmus...Enfin, nous devons insister pour que l'université ait une politique internationale ambitieuse en poussant par exemple les collectivités territoriales à se mettre autour d'une table pour développer leurs bourses à la mobilité, en développant l'enseignement des langues...

Victor Vidilles Elu au Comité éxecutif de l'ESIB (confédération européenne des syndicats étudiants)

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