Des stages oui, mais pas n'importe comment !
Pour beaucoup d'écoles, le stage est un élément incontournable de la formation. Pour autant les questions du lien avec les études, du contenu du stage, du statut des stagiaires, de leur rémunération sont très peu encadrées. Ils existent très peu de dispositions générales qui s'appliquent pour tous les stagiaires.
Pour l'instant la seule règle précise existante concerne la couverture des accidents pendant le déroulement du stage (art. L; 412-8 (2°) du code de la sécurité sociale). Concernant toutes les autres dispositions, cela dépend de l'établissement et des conventions qu'ils passent avec les entreprises.
La durée de stage est très variable : autour de 30 semaines, elle peut aller jusqu'à 55 semaines sur trois ans.
De ce fait les étudiants sont souvent confrontés à un certain nombre de problèmes :
- la recherche de stage : selon les établissements, l'étudiant est plus ou moins aidé dans sa recherche (liste d'entreprises, conseils pour les démarches, ...). Lorsqu'il y a une lacune à ce niveau, chacun doit se retourner vers ses connaissances propres ; certains étudiants qui n'ont pas la chance d'avoir un réseau de relations risquent d'effectuer dans de mauvaises conditions un stage peu intéressant. Cela constitue un réel facteur d'inégalité.
- le contenu du stage et sa validation : les conventions de stage définissent plus ou moins clairement le rôle et l'objectif pédagogique du stage. Par ailleurs, ces définitions peuvent changer unilatéralement au cours du stage. Cela pose alors la question du sens du rapport et de la validation du stage. L'évaluation du stage est soumise à l'arbitraire.
- Le statut du stagiaire et la rétribution : cette question est la moins encadrée, elle est laissée à l'appréciation libre de l'entreprise. Il est reconnu que la formation en stage est censée s'acquérir par l'exercice d'une activité productive, il est donc légitime de se poser la question de la rétribution de cette activité. L'employeur est exonéré de cotisations patronales lorsque le montant est limité à 30% du SMIC pour les stages obligatoires et 25% du SMIC pour les stages non obligatoires. Ces dispositions sont inacceptables !
L'UNEF se bat pour une réglementation nationale sur les stages, afin de garantir les droits des étudiants stagiaires. L'objectif est que le stage soit réellement formateur :
- Rétribution obligatoire des étudiants stagiaires par l'entreprise
- Le contenu pédagogique du stage doit être défini et contrôlé par les enseignants et les étudiants, en lien avec la formation.
- La durée du stage doit être compatible avec la formation. Il ne faudrait pas que la mise en pratique se substitue à l'enseignement théorique.
- Chaque établissement dispensant une formation comprenant un stage obligatoire doit mettre en place un dispositif de recherche de stage garantissant l'égalité de tous.
- Un tutorat dans l'entreprise et dans l'établissement est nécessaire pour faire que cette période particulière soit enrichissante.
- Le stage ne doit pas se substituer à un poste permanent dans l'entreprise.

