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Les écoles dans le système d'enseignement supérieur

Le système d'enseignement supérieur français est particulier par son organisation duale. En effet, il s'est développé, en parallèle du système universitaire, des écoles aux vocations et aux fonctionnements variés. Pour comprendre les enjeux actuels concernant ces établissements, il est nécessaire de faire un point sur l'histoire des écoles et leur place actuelle dans l'enseignement supérieur.

Avant la Révolution Française sont créées des écoles spécifiques liées au développement des techniques (Ponts et Chaussées, Mines, ...) puis à partir de la Révolution les différents régimes se sont appliqués à mettre en place des établissements de formation supérieurs autour des métiers du service de l'Etat (ENS, Polytechnique), du monde  des affaires (ESC, ...).

Aujourd'hui, le terme d' « école » regroupe divers établissement aux statuts différents avec des niveaux de formation et des débouchés très différents. Certaines ne dépendent pas du ministère de l'éducation nationale mais d'autres ministères (Industries, défense, ...) ou des chambres de commerce et d'industrie (les écoles de commerces). Les établissements dépendant du ministère de l'éducation nationale ont eux même des statuts différents : les grands établissements et les ENS relèvent de l'article 37 de la loi Savary, les filières (INP ...) relèvent de l'article 33 et les écoles et instituts extérieurs (INSA, UT, Centrales, ...) de l'article 34.

De plus à côté des écoles prestigieuses, il existe quantité de petites écoles aux formations très spécialisées et aux débouchés incertains. Par exemple pour les formations d'ingénieur, il existe près de 250 écoles différentes. Cela pose clairement la question de la lisibilité des formations. Le fait qu'un étudiant connaisse l'existence d'une école dépend principalement de son environnement culturel et social. Par ailleurs le fait que le système actuel fasse reposer la reconnaissance des formations en partie sur la réputation des établissements est un facteur d'inégalité entre les étudiants.

Pour autant il existe un certain nombre de points communs. Elles sont très autonomes d'un point de vue pédagogique et administratif. L'accès aux écoles est sélectif et leurs formations fortement professionnalisées. Elles ont toujours défendu leur existence propre à la marge du reste du système éducatif classique. Par ailleurs elles bénéficient pour la plupart d'atouts spécifiques : ouverture aux évolutions technologiques, bon taux d'encadrement, elles sont parfois en avance d'un point de vue pédagogique sur les universités.

Au départ créées par l'Etat pour former les cadres des différents corps, elles s'orientent de plus en plus vers des formations managériales destinées aux milieu des entreprises privées.

Les questions de la place des grandes écoles et de la pertinence de certains modes de fonctionnement anciens sont donc posés. Les élus étudiants doivent pouvoir s'exprimer et peser sur les décisions qui les concernent en premier lieu.

 

 

La Commission des Titres d'Ingénieurs (CTI) :

La CTI, créée en 1934, comprend 32 membres. La moitié est choisie par le ministère de l'Education nationale, un quart par les groupements d'employeurs les plus représentatifs, un quart parmi les associations professionnelles d'ingénieurs représentatives. Elle a pour mission d'étudier les questions relatives aux formations d'ingénieur, d'examiner les demandes d'habilitation des formations et éventuellement d'intervenir sur les formations d'ingénieurs.

La CTI bénéficie de larges prérogatives, puisqu'elle peut décider seule de l'habilitation d'écoles privées. Elle concilie deux concepts antagonistes : le diplôme d'établissement et le diplôme national. Elle est seule juge des contenus et de la méthodologie d'évaluation.

Ces habilitations se font trop souvent directement entre la CTI et la direction de l'école sans passer par les instance telles que le CEVU, le CA et le CNESER. L'UNEF a obtenu que les organisations étudiantes siègent aux réunions de la CTI mais sans droit de vote et d'interventions autres que sur les questions étudiantes.

Il est important que les élus étudiants exigent le passage en conseils et une véritable discussion autour des habilitations afin qu'il puissent participer à l'élaboration de leurs diplômes (contenus, organisation, examens...).

 

La Conférence de Directeurs d'Ecoles et Formations d'Ingénieurs :

La CDEFI est l'équivalent de la CPU pour les écoles d'ingénieurs ; elle regroupe 125 directeurs des écoles d'ingénieurs placées sous la tutelle du ministère de l'Education nationale. Organe consultatif permanent auprès du ministère, elle a pour mission de « donner des avis motivés » et peut « présenter des voeux et projets » intéressant les écoles concernées.

 

La Conférence des Grandes Ecoles :

La CGE regroupe les directions de 180 grandes écoles. Elle s'attribue les rôles de mise ne réseau de ses membres, de promotion des écoles, ainsi que d'effectuer des « démarches d'intérêt commun auprès des pouvoirs public ». Elle prend vigoureusement position pour la défense de l'autonomie des établissements, des diplômes d'établissements et de la prédominance de la CTI sur l'habilitation des formations d'ingénieurs.

 

 

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