Qu'est-ce que l'UNEF ?
Elections CROUS 2006: Robien Tricheur (consultez le dossier complet)
Les élections aux CROUS 2006 ont été entâchées par de nombreuses irrégularités, l'UNEF a constituté un dossier complet pour dénoncer le scandale de ces élections et montrer les magouilles honteuses du Ministre de l'Education Nationale. Élections aux CROUS: l'UNEF dénonce "le marchandage" de Gilles de Robien
Pour consulter le dossier complet clquez sur ce lien
Pour information voici la dépêche de l'AEF relatant les événements
"Le gouvernement utilise les élections aux CROUS pour décrédibiliser le mouvement contre le CPE (contrat première embauche) et comme argument de négociation avec les organisations qui ont gagné. Or ce scrutin n'est pas représentatif", déclare Bruno Julliard, président de l'UNEF, aujourd'hui, jeudi 30 mars 2006. Le syndicat dénombre au total 350 incidents dans toutes les académies, lors des élections qui se sont déroulées du 21 au 23 mars 2006, et assure que "58% des étudiants n'avaient pas accès à des bureaux de vote". L'UNEF va déposer un recours dans chaque académie. Dans ce contexte, Bruno Julliard dénonce le "marchandage" mi-mars de l'entourage de Gilles de Robien sur le report des élections.
L'UNEF a perdu 54 sièges, la FAGE en a gagné 45 et l'UNI 15 (L'AEF du 24/03/2006, 63260). 182 sièges étaient à répartir. Selon l'UNEF, "la participation aux élections a été divisée par deux [4,41% contre 8,25% en 2004], alors que les groupes de travail entre ministère et organisations étudiantes souhaitaient atteindre un taux de 11%".
"FAIT DE GUERRE"
Bruno Julliard accuse le cabinet de Gilles de Robien d'avoir "voulu marchander le report des élections contre le déblocage de certaines universités": "Dans la semaine qui a précédé le scrutin, nous avons eu des contacts avec le ministre et son cabinet et nous avons cru que les élections seraient reportées. La veille des élections, lundi 20 mars, le cabinet nous a informés de 'la décision politique' de les maintenir. Nous avons prévenu le ministère que si les élections étaient maintenues, nous considérerions cela comme un 'fait de guerre'. Il ne se ménage aucune porte de sortie. On a l'impression qu'il leur faut tuer l'UNEF."
Contacté par L'AEF, le cabinet de Gilles de Robien dément et assure "n'avoir reçu aucun courrier demandant le report officiel des élections. Trois organisations étudiantes représentatives sur quatre [la FAGE, l'UNI et PDE] avaient demandé le maintien de ces élections". Une lettre de PDE (Promotion et Défense des étudiants) du 9 mars 2006 adressée à Gilles de Robien, que L'AEF s'est procurée, demandait pourtant le report de ces élections. "Les blocages d'université compromettent, aujourd'hui, l'accès aux urnes. À la vue du climat de violence aux abords des lieux étudiants, nous ne pouvons pas accepter que les élections se déroulent dans ces conditions", écrivait alors l'organisation étudiante.
HUILE SUR LE FEU
Bruno Julliard dénonce l'attitude du ministre de l'Éducation nationale: "Tout le monde appelle au dialogue et au calme, il est le seul depuis le début à ne pas arrêter de mettre de l'huile sur le feu, d'abord en assimilant les étudiants de la Sorbonne à des casseurs, ensuite en proposant des magouilles électorales pour les CROUS, enfin en niant l'importance des manifestations et en voulant faire intervenir les forces de l'ordre dans les lycées. Il n'est pas à la hauteur de la situation. Il devient un élément dangereux et irresponsable."
L'UNEF écrit aujourd'hui à Gilles de Robien et aux recteurs pour demander un recours gracieux. Le syndicat étudiant dépose d'ici la fin de la semaine des recours en contentieux devant les tribunaux administratifs pour toutes les académies. Les décisions devraient être connues d'ici un à deux mois. "Ces recours sont pour la plupart déposés en référé pour être jugés rapidement car les élus des CROUS deviennent ensuite des grands électeurs pour le conseil d'administration du CNOUS, scrutin qui doit avoir lieu deux mois après les élections aux CROUS." "Ni le ministre, ni a fortiori le CNOUS ne sont compétents pour annuler une élection", déclarait le CNOUS, ce matin, jeudi 30 mars 2006 (L'AEF du 30/03/2006, 63509).
BAISSE DE SUBVENTIONS
L'UNEF a appelé au boycott "pour la première fois depuis 25 ans" et "n'a pas diffusé les 200 000 tracts prévus pour la campagne". "Certains bureaux étaient fermés le matin même du scrutin par les rectorats ou avaient des horaires réduits", assure le syndicat. Sur l'implication de l'UNEF dans ces incidents, Bruno Julliard souligne que "l'UNEF a demandé de ne pas prendre part aux votes. Ensuite, des AG dans les universités ont pu décider d'actions. Les militants de l'UNEF étaient libres d'y participer ou non mais la consigne nationale était relative au boycott."
Les subventions qu'accorde le ministère de l'Éducation nationale sont calculées en fonction du nombre d'élus étudiants au CNOUS et au CNESER. Aujourd'hui, l'UNEF compte 5 élus sur 8 au CNOUS et 5 élus sur 11 au CNESER, indique-t-elle. Pour ces 10 élus, elle touche 426 000 euros par an. Avec les résultats de ces élections aux CROUS, l'UNEF perdrait 3 ou 4 élus. Cela représente 120 000 ou 170 000 euros de subventions en moins.

