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Motion sur les évènements de 1961 et 1962

L'été et l'automne 1961 connaissent une intensification de la répression et des assassinats à l'encontre des Algériens en France. Des rafles massives ont lieu à Paris et on assiste à une reprise des attentats du F.L.N. contre des policiers. De la fin août au début du mois d'octobre, onze policiers sont tués, dix-sept blessés. Edmond Michelet, garde des Sceaux, favorable aux négociations avec le F.L.N., est démis de ses fonctions : c'est un gage donné par de Gaulle aux partisans de la répression comme Michel Debré et Maurice Papon.
Le 2 octobre 1961, au cours d'une cérémonie à la mémoire d'un policier assassiné par le F.L.N., Maurice Papon déclare : " Pour un coup reçu, nous en porterons dix" ; il dit aussi aux policiers que, s'ils se sentent menacés, ils doivent tirer les premiers : " vous serez couverts " promet-il. Le 5 octobre 1961, Maurice Papon instaure un couvre-feu s'appliquant aux seuls "Français musulmans d'Algérie".
Alors que la tension monte, Le 17 octobre 1961, lors d'une manifestation non-violente contre le couvre-feu qui leur était imposé, des dizaines d'Algériens étaient assassinés à Paris par des fonctionnaires de police aux ordres de leurs supérieurs.

Les démocrates se sont mis en mouvement pour hâter l'heure de la paix.
Le 8 février 1962,à l'appel de nombreuses organisations politiques et syndicales dont l'UNEF, des milliers de personnes manifestaient à Paris contre les attentats criminels de l'organisation terroriste OAS et pour la paix en Algérie.
Lors de la dispersion de la manifestation, des policiers chargèrent et assassinèrent sauvagement huit manifestants dans l'escalier du métro Charonne, victimes du déchaînement et de la haine.

Le 13 Février 1962, il y eut des centaines de milliers de participants aux obsèques des victimes de Charonne. Pourtant, presque quarante-quatre ans plus tard, les responsables de l'Etat français n'ont toujours ni reconnu la vérité sur les circonstances de ces assassinats ni rendu hommage aux victimes.

43 ans et 15 jours après les assassinats du métro Charonne, le parlement français votait une loi qui précise que « La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'oeuvre accomplie par la France, dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés entièrement sous la souveraineté française ».

Alors que la France nie encore les atrocités commises sur son territoire en son nom à l'encontre de militants pour la paix, elle met en avant de façon honteuse « l'oeuvre accomplie » dans ses propres colonies, ne faisant que distendre un peu plus les relations houleuses qu'elle entretient avec l'Algérie et ses anciennes colonies.

L'UNEF demande au gouvernement et au parlement français de revenir sur la loi du 23 février 2005, et de faire la lumière sur les évènements qui ont émaillé les années 1961 et 1962, en particulier à Paris, ville où Maurice Papon était à l'époque Préfet de police.

L'UNEF s'associera aux démarches du Comité Charonne dont elle est membre d'honneur et à celles d'autres organisations progressistes afin de faire le jour sur les responsabilités de ces assassinats.

L'UNEF participera aux commémorations des assassinats du 17 octobre 1961 (notamment à la manifestation prévue ce jour là), ainsi qu'à celles du 8 février 1962, et en particulier à l'inauguration de la place du 8 février 1962 qui se situera à quelque pas du métro Charonne.

Motion adoptée à l'unanimité par le Collectif National de l'UNEF réuni le 2 octobre 2005.

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