Qu'est-ce que l'UNEF ?
> Avril 2005: l'UNEF se prononce pour le rejet de la constitution
Le Traité établissant une constitution pour l'Europe engage l'avenir des citoyens, de la jeunesse, des étudiants, et marque une étape importante dans une construction européenne qui se fait en notre nom. Aujourd'hui soumis à ratification par voie référendaire en France, le débat sur son contenu est ainsi posé.
Loin des caricatures, notre prise de position est lucide et sereine : le débat sur le projet de Constitution européenne ne peut plus être réduit au traditionnel affrontement entre pro et anti-européens. Et, parce que nous ne voulons pas le subir mais bien construire notre idéal d'une Europe de paix, de démocratie, de progrès social, et une Europe fédérale et démocratique, nous devons aujourd'hui nous engager dans le débat sur cette Constitution, à notre manière et à notre échelle, c'est-à-dire comme une organisation syndicale étudiante, en analysant les conséquences que pourrait avoir l'adoption du traité pour la jeunesse, les étudiants, et les salariés.
Or nous refusons l'orientation libérale de la construction européenne que la Constitution veut entériner et poursuivre, alors même qu'un texte constitutionnel ne devrait pas figer de politiques qu'elles quelles soient. Nous refusons un texte qui définit les contours et le contenu d'une Europe où le libéralisme et le marché sont les seules référence et les seules règles de fonctionnement économique possible, une Europe qui contraint les Etats à mener des politiques de concurrence ouvrant au sein de l'Union européenne une course au dumping fiscal et social, une Europe qui fait du démantèlement des droits sociaux une règle de fonctionnement, une Europe où les services publics sont attaqués ou tout simplement non définis, laissant de ce fait la porte ouverte à toutes les attaques et à toutes les remises en cause. Nous refusons enfin un texte qui nous empêchera dans l'avenir de décider librement des choix économiques et sociaux qui nous concernent, parce que sa révision est rendue mécaniquement et politiquement impossible par la règle de l'unanimité.
De plus, nous rejetons un texte qui empêche toute indépendance européenne en matière de défense. Nous refusons également un texte qui ouvre la possibilité à des remises en causes du droit des femmes et de la laïcité.
Enfin, parce que nous refusons des politiques éducatives européennes s'appuyant sur la mise en concurrence des établissements et des étudiants ; parce que seul le service public d'éducation constitue une garantie protectrice des droits, des conditions d'études et de formations de qualité ; parce que notre projet pour une Europe des droits étudiants passe par la mise en place de critères de convergences et par une harmonisation par le haut entre les différents systèmes éducatifs européens nous ne pouvons que rejeter les dispositions contenues dans la constitution.
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