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> Fevrier 2005: LMD, Fillon doit revoir sa copie
LMD : Fillon doit revoir sa copie
Dans nos universités, la réforme LMD s'est mise en place dans la précipitation et sans prendre en compte les inquiétudes des étudiants, exprimées lors des mobilisations de novembre décembre 2003. L'absence de règles nationales a engendré une application université par université qui accroît des inégalités. La pénurie budgétaire a accentué les difficultés, et de nombreux problèmes se sont posés à la rentrée. Les objectifs mis en avant n'ont pas été atteints : on attend toujours un vrai accompagnement pédagogique de l'étudiant, une plus grande mobilité... Alors que la réforme s'appliquera bientôt dans toutes les universités, il est maintenant urgent pour le ministre de revoir sa copie et d'entendre les demandes des étudiants ! à nous d'imposer des mesures pour rétablir l'égalité des droits et permettre une réelle démocratisation de l'enseignement supérieur.
Si le nombre d'étudiants a triplé entre 1960 et 1995, le taux de poursuite d'études supérieures des bacheliers n'augmente plus et seule la moitié d'une classe d'âge accède à l'enseignement supérieur. Cette massification ne s'est de plus pas accompagnée d'une réelle démocratisation : notre système d'enseignement supérieur reproduit trop souvent les inégalités, un échec massif touche les plus faibles, seuls 5% des enfants d'ouvriers parviennent à intégrer un 3ème cycle. Le défi de la démocratisation du système reste plus aigu que jamais : notre société a besoin d'une université offrant des diplômes de qualité au plus grand nombre. Parce que nous pensons que l'élévation du niveau de formation est le sens de l'histoire, les réformes du moment doivent poursuivre un but d'élévation du niveau de qualification afin de répondre aux besoins de l'avenir.
Les promoteurs de la réforme LMD affichaient des objectifs ambitieux : faciliter la mobilité étudiante, améliorer l'accompagnement pédagogique, permettre à chacun de construire une orientation réussie, améliorer la lisibilité du système d'enseignement supérieur... A l'heure du premier bilan, force est de constater que ces objectifs sont loin d'être atteints, et que de nombreux problèmes se posent : carte des formations illisible, faible mobilité des étudiants, inégalités entre établissements et étudiants, manque de moyens. Nous proposons aujourd'hui les bases de modifications profondes à la réforme LMD nécessaires pour permettre la réussite de tous dans l'enseignement supérieur et faire de l'Université celle des 3 millions d'étudiants.

